« Nous sommes entrés dans le temps de la contribution » : Soufyane Frimousse dans Transcontinents

Dans un entretien accordé à Malick Diawara et publié le 20 septembre 2026 par Transcontinents, Soufyane Frimousse — membre de la délégation IAS Jeunes, maître de conférences habilité à diriger des recherches, chercheur à l’ESSEC Paris et président de l’Institut de l’Africanité — livre une réflexion sur la production et la valorisation des savoirs africains dans la recherche et la formation en management.

Une complémentarité plutôt qu’une rupture

La thèse défendue échappe à l’opposition attendue. Il ne s’agit pas de récuser les méthodes occidentales, dont l’efficacité n’est pas contestée, mais de les enrichir d’un substrat scientifique enraciné dans les cultures et les histoires africaines. La démarche relève moins de la contestation que de l’élargissement : ce qui manque aux cadres dominants n’est pas leur rigueur, c’est l’épaisseur contextuelle sans laquelle une analyse organisationnelle demeure hors-sol.

La pertinence avant la reconnaissance

Soufyane Frimousse interroge ensuite la hiérarchie implicite qui gouverne l’évaluation académique. Les critères des grandes revues internationales, établis dans les années soixante, orientent encore aujourd’hui les carrières et, par conséquent, les objets de recherche. Il plaide pour une production scientifique qui réponde d’abord aux défis locaux, quitte à ne pas coïncider avec les attentes des comités éditoriaux. La question mérite d’être posée bien au-delà du continent africain : elle traverse toute réflexion sur l’utilité sociale de la recherche en gestion.

Du temps de la revendication à celui de la contribution

Le troisième déplacement est le plus ambitieux. Après la phase de revendication, qu’il considère achevée, viendrait celle de l’apport : face aux crises écologiques et économiques, l’Afrique dispose de savoirs propres dont la portée excède son propre territoire. La contribution n’est plus alors une revanche symbolique, mais une ressource collective.

Ces analyses prolongent l’ouvrage collectif L’Afrique autrement, qu’il coordonne.

Pour aller plus loin : lire l’entretien sur Transcontinents

L’Institut adresse ses félicitations à Soufyane Frimousse. Cette réflexion sur les conditions d’une science située rejoint directement les préoccupations de l’audit social et sociétal, qui n’évalue jamais des organisations hors de leurs contextes culturels.

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