La ménopause, révélateur d’inégalités au travail : la tribune de Laïla Benraïss-Noailles dans The Conversation

Nos membres à l’honneur

Laïla Benraïss-Noailles, trésorière de l’Institut et professeur à l’Université de Bordeaux, cosigne dans The Conversation une tribune qui déplace la ménopause du registre médical vers celui de l’organisation du travail.

Publiée le 17 septembre 2026 par The Conversation France sous le titre « Tu souffres de bouffée de chaleur ? » La ménopause, ce tabou qui creuse les inégalités au travail, la tribune est signée avec Sophie Hennekam (Audencia) et Loubna Tahssain-Gay (ESSCA School of Management), et corédigée avec Bruno Felix, professeur à la Fundação Dom Cabral au Brésil.

Une enquête menée sur trois continents

Le texte restitue une recherche fondée sur 205 témoignages de femmes en emploi, recueillis notamment en Chine, en Afrique du Sud, aux États-Unis, au Zimbabwe et en Zambie. Son constat central tient en une phrase : les effets professionnels de la ménopause ne sont ni uniformes ni automatiques, ils dépendent des ressources individuelles, sociales et organisationnelles dont les femmes disposent pour y faire face.

La lecture qui en est faite varie d’un contexte culturel à l’autre. Là où de nombreux environnements occidentaux abordent la ménopause à travers un prisme biomédical centré sur les symptômes et la baisse de performance, les contextes africains et asiatiques étudiés y voient une transition sociale, parfois associée à un statut symbolique renforcé.

L’auto-exclusion professionnelle

Les auteurs mettent en évidence un mécanisme plus discret que l’absentéisme ou la baisse de productivité. Des femmes renoncent à des promotions, à des mobilités ou à des formations, non par manque de compétences mais par anticipation d’un coût personnel jugé trop élevé. Ce retrait marque particulièrement les trajectoires en contexte de précarité.

En France, la question concerne 17 millions de femmes, dont environ 500 000 entrent chaque année dans cette période de leur vie, et 87 % d’entre elles indiquent des incidences sur leur activité professionnelle. Un rapport parlementaire d’avril 2025 a formulé 25 propositions pour mieux l’intégrer aux politiques de ressources humaines.

Un enjeu d’organisation, pas seulement de santé

La tribune conclut que les réponses des entreprises reposent encore sur une logique implicite d’adaptation individuelle, qui suppose que chaque salariée dispose des marges de manœuvre nécessaires pour ajuster son activité ou solliciter du soutien. Ces marges étant socialement différenciées, les politiques existantes profitent d’abord aux femmes les mieux dotées en ressources, et laissent de côté celles qui en auraient le plus besoin.

Le constat rejoint directement le terrain de l’audit social, qui consiste précisément à mesurer l’écart entre une politique affichée et ses effets réels sur les personnes.

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L’Institut adresse ses félicitations aux auteurs, et se réjouit de voir ses membres porter dans le débat public une question longtemps tenue hors du champ du travail.

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