Le mot du Président

L’impact de organisations sur le bien commun, nouvel horizon de l’audit social ?

En France, les guerres ont toujours eu un effet différé qui s’étend généralement sur quelques années avant de disparaître. Les tendances individualistes s’estompent, l’empathie et l’acceptation de politiques sociales visant la réduction des inégalités, la valorisation du bien commun progressent. 

Après le premier conflit mondial, l’année 1919 est une année de progrès social avec l’apparition des conventions collectives en mars, l’éducation ouvrière et populaire (loi Astier), la loi des 8 heures. Après le second conflit mondial, on connait le caractère très progressiste du programme du CNR (son programme avait pour sous-titre, « les jours heureux »…) programme mis en place presque intégralement entre décembre 1944 et octobre 1945. Si on veut expliquer cette constante de l’histoire, on peut faire référence à la « solidarité des tranchées » qui abolit un temps les différences sociales mais beaucoup d’autres phénomènes psychologiques entrent en jeu.

Lorsque le Président de la République a déclaré à six reprises « nous sommes en guerre contre le coronavirus » son discours a été performatif et il a créé les conditions pour que les effets habituels de solidarité post-conflit puissent apparaître. Quels seront-ils ? Et surtout qu’en ferons-nous ?

Chacun d’entre nous a son idée sur le sujet et en livrant la mienne mon désir n’est pas de la « vendre » sur le marché des idées mais plutôt de faire réfléchir ceux qui souhaitent que tout ne reparte comme avant la crise du Covid et que quelques leçons soient tirées. Ma première idée provient du sentiment qui m’a envahi lorsque j’ai entendu, l’un après l’autre, tous les pays cités par nos journalistes : nous habitons vraiment une même planète et face aux grands périls qui la guettent il n’y a pas d’abri. Aujourd’hui c’est une pandémie qui nous touche tous mais demain d’autres dangers nous guettent et notamment le réchauffement climatique qui, au-delà de deux degrés, nous entrainera vers toujours plus de catastrophes écologiques et humaines. La chute dramatique de la biodiversité, due en partie à la destruction des écosystèmes, n’épargnera non plus aucune région dans le monde. Sans vouloir dérouler ici la liste des malheurs du monde, je pense que ces problèmes devraient nous inciter à remettre en cause nos modèles non-durables de production et de consommation et que l’après COVID va ouvrir une fenêtre de tir historique pour lancer des politiques ambitieuses visant la transition environnementale.

L’audit social peut être un facilitateur, non pour la fixation des objectifs qui relèvent de la décision collective mais pour la juste répartition des moyens et l’efficacité des politiques privées et publiques qui se fixeront le bien commun comme objectif. Au-delà de la responsabilité sociale des organisations, qui demeure une nécessité, s’ouvre aujourd’hui pour l’auditeur social le vaste champ de l’audit de l’impact des organisations sur le bien commun.

Jacques IGALENS
Professeur émérite de l’Université de Toulouse Capitole
Président de l’Institut International de l’Audit Social

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du lundi 12 au samedi 17 octobre 2020.

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